Les développeurs doivent trouver une nouvelle forme de créativité
L'intégration de l'IA générative dans les processus de développement transforme radicalement l'expérience développeur, ainsi que les *soft* et *hard* skills attendues.
La "talent density" décrit la concentration de talent dans une entreprise. Chez Netflix, c'est ce qui détermine le recrutement des "créatifs".
< No Rules Rules : Les éléments clés de la philosophie Netflix
La "talent density" décrit la concentration de talent dans une entreprise, ou en d'autres termes, la quantité moyenne de talent par personne. Elle constitue l'un des piliers de la réussite de Netflix et détermine toute la politique de recrutement et de rémunération de l'entreprise. Dans son livre No Rules Rules co-écrit avec Erin Meyer, Reed Hastings, PDG et co-cofondateur du groupe, raconte comment il a pris conscience de son importance.
Reed Hastings, co-cofondateur et PDG de Netflix, fait au début des années 2000 une curieuse expérience.
Alors que l'entreprise est confrontée à l’éclatement de la bulle internet et l’arrêt des financements 3 ans à peine après son lancement, il se voit contraint de renvoyer un tiers de son personnel. Réduction des dépenses, récupération du travail des employés renvoyés par ceux restants... il s’attend à une catastrophe.
A sa grande surprise, l’ambiance s’améliore et la performance augmente, encore et encore - jusqu'à dépasser largement celle précédant les renvois !
Comment expliquer ce résultat ?
Les individus ne se conforment pas forcément aux normes et aux valeurs du groupe. Pire, un seul individu moyen peut "contaminer" un groupe entier, même s’il est par ailleurs composé de membres excellents.
C'est en tout cas le résultat d'une étude menée par Will Felps, Professeur à l’University de New South Wales en Australie. D'après ses recherches, non seulement l'individu "moyen" ne s'ajuste pas au niveau des autres, mais son attitude s’étend souvent à l’ensemble du groupe. Petit à petit, les "high performers" deviennent à leur tour médiocres.
C’est la notion de “comportement contagieux” ou “infectious behaviour”.
Dans le cas de Netflix, avec le renvoi des personnes les moins compétentes, l'entreprise s'est débarrassée des personnes "médiocres", qui ont ainsi cessé de "contaminer" les membres excellents - ce qui explique que la performance n'a pas baissé mais a même augmenté.
De plus, ajoute Reed, la “densité de talent” (la quantité moyenne de talent par personne) à l’intérieur de l’entreprise a augmenté. Or, “quand chaque membre de l’équipe est excellent, la performance bondit, les employés apprennent les uns des autres et se motivent les uns les autres”.
Face à ce constat, le dirigeant a fait de cette densité de talent sa priorité - et cela signifie 2 choses :
Netflix recrute, à chaque poste de "créatif", au salaire maximum du marché. Cela reste rentable en vertu du rock star principle (voir l'article ci-dessous).
Une fois recrutés, les employés sont encouragés à se rendre aux entretiens proposés par les concurrents et à remonter les salaires du marché ; Netflix s'aligne de manière proactive afin de se maintenir au niveau maximum de rémunération.
> Voir "Recruter et retenir des top performers : la rémunération chez Netflix"
Les personnes dont le travail n'est pas excellent sont renvoyées sur le principe du fameux et redouté "Keeper Test" : un manager doit régulièrement se demander si, face à la démission d'un employé donné, il se battrait pour que celui-ci reste.
Si la réponse est non, il doit le renvoyer immédiatement et se mettre à la recherche d'une véritable "rock star".
Sans surprise, cette politique constitue l'un des points les plus controversés de la culture Netflix et une source de stress pour les employés.
Il s'agit toutefois pour Reed d'une condition indispensable à la réussite de Netflix, cette densité de talent constituant le premier pilier sur lequel Netflix s’appuie pour retirer petit à petit toutes les règles.
> Voir " 'We are not a family' : la dure quête de l'excellence chez Netflix"