Les développeurs doivent trouver une nouvelle forme de créativité
L'intégration de l'IA générative dans les processus de développement transforme radicalement l'expérience développeur, ainsi que les *soft* et *hard* skills attendues.
Marc Andreessen préconise de remplacer les CEO par des CTO pour concurrencer les Tech Companies. Une réponse trop simple, mais qui met le doigt sur un vrai problème.
"Find the smartest technologist in the company and make them CEO."
Cette assertion de Marc Andreessen, dans une interview accordée à McKinsey, a fait du bruit. Et pour cause : ça a la force d'une bonne punchline. Vous ne savez pas comment concurrencer les Tech Companies ? Alors "trouvez le technologue le plus intelligent de l'entreprise et faites-en un PDG".
Marc Andreessen est un grand monsieur, une légende du Web, l'auteur du fameux "Software is eating the world". Mais cet entretien réalisé avec McKinsey sert avant tout ses intérêts en tant qu'investisseur (Andreessen Horowitz) et membre du directoire de Meta, plus que ceux des entreprises qui doivent s'adapter au darwinisme numérique.
Nous sommes les premiers, chez WEnvision, à estimer que les technologues devraient être plus écoutés dans les entreprises. Qu'ils doivent faire partie du Comex et influencer directement la vision stratégique de l'entreprise et la façon dont elle pense ses produits et services.
Mais de la à ériger en règles que les entreprises devraient être dirigées par des CIO ou CTO, c'est aller très loin. Marc Andreessen prend comme exemples Google, Tesla, Amazon ou Netflix. Nous avons ici des PDG qui donnent indiscutablement une vision teintée de technologie, mais ne sont pas forcément les technologues les plus brillants de leur entreprise.
Ray Hastings, le CEO de Netflix, le dit d'ailleurs très clairement dans No Rules Rules, qu'il a co-écrit avec Erin Meyer, de l'Insead : le rôle du PDG, c'est d'embaucher des gens plus compétents que soi dans tous les domaines, et de créer le climat de liberté et de confiance pour qu'ils puissent prendre des initiatives, innover, délivrer tout leur potentiel...
C'est avant tout cela qu'il faut changer dans les entreprises : l'état d'esprit, qui doit être tourné vers la conception de produits au service du client et de la vision stratégique, et l'organisation, pour délivrer rapidement et efficacement ces produits.
John Kotter, professeur à la Harvard Business School et auteur du best-seller Leading Change (dont le framework SAFe s'inspire), préconise d'ajouter aux structures hiérarchiques rigides des entreprises un schéma d'organisation en réseau. Adopter ce type de principe et faire du CTO un des piliers du Comex redonnera de l'agilité et de la pertinence aux entreprises, leur permettra de lutter à armes égales avec les Tech Companies.
Se contenter de dire que les CTO doivent devenir CEO, c'est un peu court. C'est occulter tout le volet de la transformation des organisations, de l'acculturation des collaborateurs... Et la formation des technologues aux métiers du management d'entreprise.
Toutefois, en disant cela, Marc Andreessen a le mérite de mettre le doigt où ça fait mal : les entreprises manquent de vision technologique. La bonne solution pourrait être de trouver les meilleurs technologues et d'en faire des co-CEO ?
Nous en avons un exemple proche, puisque le groupe SFEIR, auquel WEnvision appartient, est co-dirigé par un technologue, Didier Girard, et un businessman, Bruno Le Forestier. On peut aussi citer l'exemple de Salesforce.com. Quand le pionnier du SaaS a racheté Quip, concurrent de Google Docs, il a aussi embarqué son fondateur, Brett Taylor, co-créateur de Google Maps, fondateur de Friendfeed et ex-CTO de Facebook. Brett Taylor a occupé divers postes de direction chez Salesforce, conduit le rachat de Slack, jusqu'à devenir co-CEO de l'entreprise en novembre 2021.
Privilégier ce type de direction en binôme serait un message fort, un bon indicateur de la façon dont l'entreprise envisage son avenir face au darwinisme numérique.
A lire : l'interview de Marc Andreessen
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